L’évolution, c’est quand même quelque chose de vraiment bizarre quand on y pense. Si, nous gamers ou même les geeks, sommes à même de voir la face la plus fascinante et enthousiasmante de l’évolution, celle qui touche les biens matériels et qui peut se révéler par moment véritablement extraordinaire (je parle du matériel, pas des dérives purement capitalistes qui peuvent en découler). Mais la bizarrerie de l’évolution dont je veux vous parler en introduction de cette présente chronique est celle qui nous touche, nous en tant qu’être humain en général. Ceux qui pensent que seule la technologie évolue sont quand même bien naïfs car, même si ce n’est pas toujours facile à percevoir tant ça peut être subtil, les personnes que nous sommes passons toute notre vie à évoluer. Si je vous parle de cela, c’est que la première chose que j’ai en tête en m’attelant à écrire sur le dernier album des thrasheurs de Megadeth est bien l’évolution de mes goûts musicaux. Si je remonte à mes années d’adolescence, quand javais seize ou dix-sept ans environ, s’il y avait bien un mouvement du metal extrême que j’appréciais moins par rapport aux autres, c’était le thrash, préférant lui privilégier la non-finesse bestiale et décérébrée du brutal death (plus c’était crade, plus c’était gore, plus c’était jouissif). Et quelques années plus tard, c’est quand même étrange de constater avec un certain recul (car le processus est tout ce qu’il y a de plus inconscient) que la tendance s’est considérablement inversée. Le brutal death occupe une place moins grande dans mes considérations à l’heure d’aujourd’hui et même si j’en écoute toujours avec plaisir de temps à autre, je ne retrouve dans cette effusion de violence gratuite et sanguinolente toute l’intensité jubilatoire que je lui trouvais autrefois. En parallèle, je prends bien plus mon pied à écouter du bon thrash où je me délecte surtout de cette puissance incisive liée à toute la fédération de certains refrains ou riffs qui se logent dans ton crâne en un temps record sans même demander ton reste.
Le pire dans toutes ces histoires, c’est qu’on ne se l’explique pas. C’est comme ça, il ne faut pas chercher à comprendre. Bien sûr, on peut toujours échafauder des hypothèses spéculatrices. Peut-être que la maturité m’a considérablement calmé, le thrash étant tout de même le plus doux du trio black/death/thrash. Peut-être la lassitude a-t-elle fourré également son nez là-dedans, le brutal death étant tout de même un style où tout a été dit (ou presque). Peut-être est-ce là une continuité tardive de mes débuts étant donné que j’ai découvert le metal extrême par l’intermédiaire du thrash de l’école teutonne (oui, vous avez bien compris, j’ai connu des groupes comme Sodom, Destruction ou même Kreator avant Slayer, logique). Ou peut-être même cette prise de conscience que le thrash avait d’excellents groupes à offrir, encore fallait-il s’en aller voir du côté des outsiders de notoriété plus moyenne comme Annihilator ou Death Angel plutôt que rester sur les acquis des mastodontes Metallica ou Anthrax pour ne citer qu’eux.













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